Retrouver un cours d’eau plus naturel

Quand la préservation des milieux naturels permet d’améliorer la gestion des crues

LE CONTEXTE

Afin de limiter l’impact des crues sur les secteurs urbanisés, le Syndicat de Rivières Brévenne-Turdine s’attache à restaurer les champs naturels de débordement des cours d’eau.
L’opération consiste à évacuer les anciens remblais créés sur les berges, qui ont pour effet de canaliser les écoulements lors des crues et de renforcer ainsi la vitesse de l’eau vers l’aval.

Ces opérations ne peuvent être réalisées que sur la base du volontariat des propriétaires riverains qui acceptent ainsi que le cours d’eau déborde progressivement sur leurs parcelles, souvent agricoles, afin de participer à la protection des biens et des personnes situés à l’aval.
Le Syndicat de Rivières profite de ces opérations pour réintroduire une partie des matériaux issus du décaissement des remblais dans le lit du cours d’eau : en effet, les « merlons » (= petites digues de terre) présents en berge sont très souvent issus des curages du lit des rivières réalisés au cours des années 80. La remise en place de certains de ces matériaux graveleux dans le lit mineur de la rivière participe activement à la restauration des paramètres physiques du lit, essentiels au bon fonctionnement des rivières.
Les surfaces de berge travaillées sont largement ensemencées et plantées avec des espèces adaptées et bénéficient d’un entretien régulier par les brigades vertes afin de concurrencer la Renouée du Japon, espèce invasive omniprésente.
A terme, cette végétation participera activement aux processus d’auto-épuration de l’eau, au maintien d’un ombrage sur le lit mineur, à la création d’habitats favorables à la faune aquatique, aviaire (oiseaux) et terrestre. Ce cordon boisé, par sa continuité et son épaisseur, représente aussi un formidable axe de déplacement pour bon nombre d’espèces terrestres.

NOS ACTIONS

Arasement de merlons en bordure de terres agricoles – Tranche 1 : Site des « Allognets ».

 Maître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu : Les « Allognets », commune de Courzieu
Période de réalisation : Mars 2010
Financement : 25% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 42% Région Rhône-Alpes, 33% SYRIBT.
Budget : 49 000 € HT.

Description : 400 mètres linéaires de remblais présents en sommet de berge ont été évacués au printemps 2010, sur la commune de Courzieu, au lieu-dit « les Allognets ».

Les matériaux graveleux ont en partie été réinjectés dans le lit mineur du cours d’eau sous forme de banquettes alternes (rive droite, puis rive gauche, en décalé) afin de contraindre les faibles écoulements estivaux sur une petite largeur. Ces aménagements, inspirés du fonctionnement naturel de la rivière, engendrent une asymétrie du profil en travers du cours d’eau propice au maintien d’une température fraîche de l’eau pendant la période estivale.

Arasement de merlons en bordure de terres agricoles – Tranche 2 : Site de la Brévenne.

Maître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu :
 La Brévenne, commune de Bessenay
Période de réalisation : Mars 2010
Financement : 50% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 30% Région Rhône-Alpes, 20% SYRIBT.
Budget : 12 980 € HT.

Description : Suite aux crues du 1er Novembre 2008, une habitation située en bord de Brévenne au droit du lieu-dit « La Brévenne » (commune de Bessenay) a subi des dégâts importants. Afin d’éviter tout incident lors d’un futur événement exceptionnel de cette nature, la commune a procédé au rachat et à la destruction de cette habitation.
Par la suite, les anciennes digues de protection (= merlons) édifiées en sommet de berge ont été évacuées par le SYRIBT sur 150 mètres linéaires afin de permettre un débordement précoce de la rivière sur ces terrains libres de tout enjeu humain.
Afin d’accroître la plus-value de ce chantier, des aménagements visant à améliorer l’attractivité de ce tronçon pour la faune piscicole, ainsi qu’une importante végétalisation des talus, ont été réalisés.
Deux ouvrages de type seuil, situés à proximité du chantier et impactant les continuités écologiques, notamment lors des faibles débits d’étiage, ont été éventrés en leur centre afin de restaurer la dynamique du cours d’eau.

 

 

Arasement de merlons en bordure de terres agricoles – Tranche 3 : Site de la Randonnière.

 Maître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu : La « Randonnière », commune de Brussieu
Période de réalisation :  Juin 2012
Financement : 30% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 50% Région Rhône-Alpes, 20% SYRIBT.
Budget : 18 200 € HT.

Description : Les remblais issus des terres de découverte des carrières du Rossand avaient été déposés en bord de Brévenne, à une époque où la conscience des inondations et des milieux aquatiques comportait quelques lacunes…
Ces matériaux gravelo-terreux, érigés sous forme de digues, soustrayaient une surface importante à l’étalement des crues. Lors des travaux réalisés par la SNCF pour stabiliser un mur de soutènement affouillé, l’entreprise fut contrainte d’évacuer une partie du remblai afin d’accéder aux berges de la Brévenne.

Profitant de cette occasion, le SYRIBT a fait procéder à l’évacuation du reste du remblai, restituant ainsi une surface d’environ 4000 m² aux débordements de la Brévenne.
Les souches issues des terrassements ont été disposées le long des berges et dans le lit du cours d’eau, afin de recréer de la diversité dans les écoulements.

 

Arasement de merlons en bordure de terres agricoles – Tranche 4 : Site de la Rochette.

 Maître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu :
 La « Rochette », commune de Chevinay
Période de réalisation :  Octobre 2013
Financement : 30% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 50% Région Rhône-Alpes, 20% SYRIBT.
Budget : 41 500 € HT.

Description : Lors de l’opération d’arasement du seuil de « la Rochette », les terrassements s’étaient arrêtés une trentaine mètres en aval de l’ouvrage.
Ainsi, un linéaire de 400 mètres de digues n’avait pas fait l’objet de travaux, faute de moyens et d’accord du propriétaire.
Au cours de l’automne 2013, le SYRIBT a pu procéder à la suppression de ces digues, portant ainsi le linéaire continu de berges restaurées sur ce secteur à 1 km.
Les matériaux des digues ont largement été réimplantés dans le lit mineur de la Brévenne afin d’en réduire sa largeur pour les faibles débits, et une végétalisation massive a été réalisée afin de concurrencer la Renouée du Japon, omniprésente dans ce secteur.

Création d’une liaison piétonne le long de la Turdine entre le stade de l’Arbresle et le parking Sainclair -Tranche 1.


Maître d’ouvrage : Commune de l’Arbresle
Lieu :
 Pont Pierron/Salle Claude Terrasse – L’Arbresle
Période de réalisation :  Juillet 2012
Financement : 40% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 7% Région Rhône-Alpes, 20% Conseil Général du Rhône, 33% Commune de l’Arbresle.
Budget : 41 500 € HT.

Description : L’action initiale envisageait un confortement du parcours sportif présent sur la rive gauche de la Turdine au droit du stade de l’Arbresle. Lors de la présentation des scénarios d’aménagement envisageables sur ce secteur, les élus communaux ont opté pour un projet ambitieux de restauration complète de la Turdine sur un tronçon de 800 mètres linéaires.
Ainsi, l’ancienne digue de protection du stade a été évacuée et les berges ont été adoucies au maximum afin de libérer des surfaces pour le débordement de la Turdine. 12 000 m3 de terre ont ainsi été évacués. Un travail important de mise en forme du lit de la Turdine a été réalisé afin d’accroître son attractivité, et une végétalisation importante, mêlant espèces sauvages et espèces d’ornement, a été réalisée.
Cette première phase du grand projet de connexion piétonne du plateau sportif avec le centre bourg de l’Arbresle est une réussite complète, puisqu’elle a permis d’améliorer la gestion de l’inondation au droit des enjeux humains, tout en permettant la restitution d’un espace ludique et paysager aux usagers.

 

Restauration écologique de la Turdine à Bully

Maître d’ouvrage : SYRIBT 
Lieu :
 Les Fours à Chaux – Bully/Savigny
Période de réalisation :  Septembre/Octobre 2016
Financement : 50% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 30% Région Rhône-Alpes, 20% SYRIBT
Budget : 635 700 € HT.

Description : L’objectif de ce chantier était de permettre à la rivière de remodeler son tracé de manière plus naturelle afin de diversifier sa morphologie, garante d’un fonctionnement écologique optimal. En effet, un linéaire de 1 100 mètres de rivière a été restauré avec différentes opérations :

  • enlèvement d’une ancienne passerelle menaçant de s’effondrer,
  • suppression d’un seuil et aménagement d’un autre,
  • suppression d’enrochements anciens,
  • terrassement des berges en pente douce afin de redonner de la place à la rivière en crue,
  • plantations d’arbres et d’arbustes…

Ce type de travaux permet de retrouver un fonctionnement de la rivière plus proche du naturel : possibilité de s’étendre en cas de crue, de ne pas trop se réchauffer en été, avec de meilleures conditions pour la faune et la végétation, une meilleure qualité de l’eau…

Quelques semaines après la fin des opérations de terrassement, est survenu un épisode pluvieux d’ampleur importante générant des débits de crue proches de l’occurrence décennale. Les talus fraîchement remaniés et pas encore végétalisés ont subi des érosions importantes.

Cette évolution de la Turdine correspond aux objectifs écologiques du projet. Toutefois, la proximité des érosions générées avec des parcelles agricoles à fort intérêt pour le propriétaire exploitant amènera le Syribt à envisager de nouveaux moyens pour préserver l’évolution naturelle de la rivière tout en limitant l’impact sur les riverains.

Film sur ces travaux.