Améliorer la circulation de la faune et des sédiments

LE CONTEXTE

Une obligation européenne pour atteindre le «bon état écologique»

La « Directive Cadre Européenne sur l’Eau » de 2000 impose à ses états membres, dont la France, un objectif d’atteinte du « bon état écologique » des masses d’eau.
La notion de «continuité écologique des cours d’eau» fait partie des critères d’évaluation d’atteinte de cet objectif et s’entend comme :

  • La libre circulation des espèces aquatiques présentes dans le cours d’eau, permettant ainsi les migrations annuelles nécessaires à la reproduction, la colonisation de nouveaux tronçons, l’accès aux ressources alimentaires et aux zones refuges…
  • La libre circulation des matériaux solides transportés par la rivière (galets, graviers, blocs) qui participent de manière prépondérante aux processus de régénération du lit des rivières.

Ainsi, certains ouvrages tels que les ponts, les seuils, les busages peuvent présenter, par leur conception, un obstacle à tout ou partie de cette continuité écologique.

Les réflexions à l’échelle du bassin versant consistent donc à inventorier les ouvrages bloquants et à envisager, dans la mesure du possible, une restauration de la continuité écologique.
La logique d’intervention s’attache toujours à envisager le scénario optimal pour le cours d’eau dans un premier temps, à savoir la suppression complète de l’obstacle, permettant la restauration de toutes les composantes de la continuité écologique.

Toutefois, si cette solution s’avère souvent la moins coûteuse, elle nécessite régulièrement des concessions afin de préserver les enjeux humains associés à l’ouvrage (voirie, alimentation d’un moulin, passage d’engins ou de réseaux….). Ainsi, au cas par cas, des solutions techniques sont envisagées pour concilier la préservation des activités humaines et celle du patrimoine naturel.

L’expérience démontre que le plus souvent, la prise en compte du fonctionnement des cours d’eau lors de l’implantation d’un ouvrage (par exemple un pont) éviterait les travaux et les frais engendrés pour leur mise en conformité ultérieure.

 

NOS ACTIONS

Rétablissement de la circulation piscicole sur la Brévenne entre le Glavaroux et le Trésoncle – Tranche 1 : Arasement du seuil de la « Rochette »

La Rochette avant travauxMaître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu : Hameau de la « Rochette », commune de Courzieu
Période de réalisation : Septembre 2009
Financement : 67% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 4% Fédération Départementale de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques, 29% SYRIBT.
Budget : 97 800 € HT.

Description : Cette tranche de travaux fait partie d’un ensemble d’action visant à reconnecter 4,5 km de Brévenne et 4 affluents par l’aménagement de seuils faisant obstacle au transit piscicole et sédimentaire.
Cette première tranche a consisté en la destruction d’un seuil au droit du hameau de «la Rochette» sur la commune de Courzieu. Cet ancien ouvrage sans usage a été évacué et son ancienne zone d’influence amont requalifiée afin d’en accroître les potentialités d’accueil pour la faune, notamment piscicole. Les remblais présents en berge et limitant les capacités de débordement dans les parcelles agricoles riveraines ont été évacués. Les surfaces travaillées ont été largement ensemencées et plantées avec des espèces adaptées.
Le suivi biannuel réalisé par pêche électrique sur le secteur des travaux reflète une réponse très positive de la zone. En deux ans, les effectifs de truites fario (espèce repère du fonctionnement des cours d’eau de 1ère catégorie) capturées sur la zone ont été multipliés par 8 par rapport à la situation avant travaux. Le suivi de ce tronçon est réalisé par la Fédération Départementale de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques du Rhône. Si vous souhaitez participer aux journées de pêche électrique, n’hésitez pas à prendre contact avec le Syndicat de Rivières Brévenne-Turdine !

 

Rétablissement de la circulation piscicole sur la Brévenne entre le Glavaroux et le Trésoncle – Tranche 2 : Aménagement d’une rivière de contournement sur le seuil de la « Perrolière » à Sain Bel

Maître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu : Seuil de la Perrolière, commune de Sain Bel
Période de réalisation : Septembre 2010
Financement : 67% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 10% Fédération Départementale de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques, 23% SYRIBT.
Budget : 143 472 € HT.

Description : Cette tranche de travaux fait partie d’un ensemble d’action visant à reconnecter 4,5 km de Brévenne et 4 affluents par l’aménagement de seuils faisant obstacle au transit piscicole et sédimentaire.

La seconde tranche de cette opération a consisté en la création d’un bras de contournement de l’ouvrage. La destruction de ce dernier n’était en effet pas envisageable puisqu’un usage (droit d’eau) lui était associé.

De plus, les conséquences de la suppression d’un tel ouvrage sur la stabilité de la voie ferrée présente à proximité n’étaient pas acceptables.
Afin d’assurer a minima le franchissement piscicole, une rivière artificielle a été créée depuis la prise d’eau en amont de l’ouvrage et conflue avec la Brévenne au pied de ce dernier. Les caractéristiques physiques de ce chenal répondent aux capacités de franchissement des espèces présentes en Brévenne.
Une parcelle adjacente au chantier a par ailleurs été achetée par le Syndicat afin de restaurer une prairie humide.
Le suivi de l’efficacité du chenal de contournement a été réalisé par piégeage des poissons entre les mois d’octobre et de décembre.

 

Arasement du seuil de la « Randonnière ».

Maître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu :
 Seuil de la Randonnière, commune de Brussieu/Courzieu

Période de réalisation : Juillet 2011
Financement : 67% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 14% Fédération Départementale de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques, 19% SYRIBT.
Budget : 3 470 € HT.

Description : Profitant de l’ensemble des opportunités qui s’offrent à lui pour restaurer les modèles naturels des cours d’eau, le SYRIBT a procédé à la destruction d’un ancien seuil présent en Brévenne, à proximité des carrières du Rossand.

Cet ouvrage ne présentait plus d’intérêt pour son propriétaire, qui n’en avait plus l’usage.
Ainsi, après évacuation de l’ouvrage en béton, une libre évolution du cours d’eau s’est opérée, libérant ainsi 300 m3 de sédiments vers l’aval. Les espèces piscicoles peuvent ainsi rejoindre le secteur le plus encaissé du cours de la Brévenne offrant une zone fraîche et oxygénée lors des épisodes estivaux critiques.

Rétablissement de la circulation piscicole sur le Perroquet – Tranche 1 : Aménagement de 3 pré-barrages sur le pont du hameau de la « Rivière » à Joux.

Maître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu :
 Hameau de la Rivière, commune de Joux

Période de réalisation : Octobre 2011
Financement : 50% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 30% Région Rhône-Alpes, 20% SYRIBT.
Budget : 7 300 € HT.

Description : 

Afin de restaurer la continuité biologique sur le « Perroquet », affluent de la Turdine en amont du barrage de Joux, deux obstacles infranchissables aux espèces piscicoles ont été aménagés. L’ouvrage aval était un pont permettant le franchissement du cours d’eau par un chemin communal dont le radier induisait une chute verticale de 0,9 mètres.
Afin de permettre le franchissement des espèces piscicoles, 3 pré-barrages situés en aval de l’ouvrage ont permis de diviser la hauteur de chute.
Ces pré-barrages ont été réalisés en bois et façonnés à la tronçonneuse afin d’accroître leur étanchéité.

Rétablissement de la circulation piscicole sur le Perroquet – Tranche 2 : Remplacement d’une buse par un pont cadre au hameau de la « Voisinée Marsande » à Joux

Maître d’ouvrage : SYRIBT
Lieu :
 Hameau de la Voisinée Marsande, commune de Joux

Période de réalisation : Août 2012
Financement : 80% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 6% Fédération Départementale de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques, 14% SYRIBT.
Budget : 55 000 € HT.

Description : La voie communale menant à « la Voisinée Marsande » sur la commune de Joux franchissait le Perroquet par une buse dont le calage altimétrique occasionnait un obstacle infranchissable aux migrations piscicoles.
Le SYRIBT a procédé à l’évacuation de cet ouvrage pour le remplacer par un dalot préfabriqué, dont l’assise a été ancrée sur la pente naturelle du cours d’eau. Un enfouissement du radier d’une trentaine de centimètres sous le niveau du lit a permis la reconstitution d’un lit naturel dans l’ouvrage, garantissant ainsi la continuité pour tous les débits (été comme hiver).

 

Dérasement du seuil Sapéon

Maître d’ouvrage : SYRIBT 
Lieu :
 Seuil Sapéon, commune de L’Arbresle

Période de réalisation : Été 2017
Financement : 65,9% Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, 27,4% Europe (fond FEDER), 1,7% Fédération de Pêche et de Protection des Milieux Aquatiques, 5% SYRIBT.
Budget : 1 180 990 € HT.

Description : Le seuil Sapéon , qui n’a plus d’usage aujourd’hui, alimentait à l’origine un moulin. 

La suppression de cet ouvrage, situé en travers de la Turdine dans le centre ville de L’Arbresle permet à la fois :

  • aux espèces aquatiques présentes dans la Brévenne de recoloniser la Turdine.
  • la circulation des sédiments, sables, graviers…
  • de réduire l’impact des crues sur le quartier Sapéon en diminuant la hauteur d’eau d’environ 60 cm lors d’une crue du même type que celle de décembre 2003.

Plusieurs scénarios ont été étudiés et la solution de la suppression totale du seuil a été retenue, présentant le maximum de bénéfices.

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