Les actions de gestion quantitative de l’eau sur le bassin Brévenne Turdine

La sécheresse de l’été 2018, qui s’est prolongée jusqu’en octobre, a réaffirmé le problème de la gestion quantitative de l’eau sur de nombreux bassins versants du Rhône, y compris sur celui de la Brévenne et de la Turdine. Les rivières ont présenté de nombreuses zones d’assecs durant cette période. Ce manque d’eau a posé d’importants problèmes pour le maintien de la vie aquatique et pour le contrôle de la qualité de l’eau puisque les seuls apports d’eau dans la rivière provenaient des stations d’épuration.

Conscient de ce problème, qui pourrait être encore aggravé dans les années à venir par le changement climatique, le SYRIBT accueille depuis février 2018 une chargée de mission pour relancer ses actions de résorption du déficit de la ressource en eau sur le territoire, d’abord dans le cadre d’un stage de fin d’étude puis grâce à un contrat d’alternance jusqu’en septembre 2019.

En cohérence avec le contexte local, la priorité d’actions s’est portée sur le volet agricole. En effet, les prélèvements industriels et domestiques (eau potable) sont négligeables comparés à l’impact que peuvent avoir les retenues collinaires d’irrigation. Encore aujourd’hui, beaucoup de ces retenues se situent en travers de cours d’eau et ne sont pas aux normes en vigueur concernant le débit réservé (le débit qui doit être restitué au cours d’eau en sortie de l’ouvrage afin de permettre la vie aquatique).

Une démarche de concertation animée par le SYRIBT est en cours depuis mars 2018. Elle regroupe l’ensemble des acteurs concernés par la thématique : la Chambre d’agriculture, la Direction départementale des territoires, la Fédération de pêche, l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse, le Syndicat mixte d’hydraulique agricole du Rhône, les Conseils départemental et régional, le syndicat agricole des Arboriculteurs de la région de Bessenay, la Communauté de communes du Pays de l’Arbresle et les communes concernées.

Les partenaires se sont engagés à travailler sur la mutualisation des plans d’eau existants pour répondre aux besoins agricoles, sur la mise aux normes des retenues collinaires secteur par secteurs en commençant par les plus impactés et, dans la mesure du possible, sur la remobilisation des stockages d’eau existants ayant perdu leur vocation agricole pour soutenir l’irrigation. Une première mesure votée par le comité de pilotage a donc été de faire un état des lieux des usages réels et actuels des retenues collinaires sur le bassin versant. En effet, la DDT inscrit un usage pour le plan d’eau au moment de sa création mais ne dispose pas de moyens d’actualisation de cette information. Sur les 3 premières communes enquêtées, il a été observé que la moitié des retenues n’avaient plus qu’un usage d’agrément, une proportion largement sous-estimée selon les données de la DDT. Ces premiers résultats confortent donc la cellule de concertation sur les grands axes de travail qu’elle s’est donné.

En parallèle de cette démarche, pour le moment centrée sur la zone d’exploitation arboricole, le SYRIBT étudie actuellement les opportunités de mettre en œuvre un programme global d’économie d’eau à l’échelle du bassin versant.