crue du 22/11/2016

Le 22 novembre dernier, un important épisode pluvieux a touché le département du Rhône et plus particulièrement notre territoire. Le réseau Sentinelles s’est mobilisé toute la journée pour faire remonter les informations du terrain et le système automatisé a permis aux élus de suivre la montée des eaux en temps réel. Récit de cette journée mouvementée au Syribt…

Suite à des précipitations intenses et durables tombées dans la nuit du 21 au 22 novembre et toute la journée du 22 novembre, le département du Rhône a été placé en vigilance orange pluies-inondations. Face à ce risque important, le Syribt a prévenu l’ensemble des communes du bassin versant Brévenne-Turdine dès le matin du 22 novembre.

La chaîne humaine d’alerte crue a pu se mettre en place rapidement pour surveiller la montée des cours d’eau et alerter les communes situées en aval. La relation sentinelles-élus a particulièrement bien fonctionné notamment sur les têtes de bassin versant où les messages de vigilance et d’alerte ont été transmis tout au long de la journée sur la Brévenne, la Turdine et les principaux affluents (Conan, Trésoncle, Torranchin).

En raison des fortes pluies tombées sur l’ensemble du bassin versant, les seuils de vigilance ont été dépassés dès la fin de matinée sur la Brévenne, et en milieu d’après-midi sur les affluents.

Niveau d’eau dans la Brévenne à la Giraudière à 16h.

En fin d’après-midi, l’inquiétude des communes est montée d’un cran au vu de la rapidité de la montée des eaux. Les affluents ont réagi très fortement à l’augmentation significative des précipitations entraînant une montée des eaux brutales en quelques heures sur le Conan et le Trésoncle.

La situation était critique en début de soirée lorsque la Brévenne a commencé à déborder et inonder quelques parkings, caves ou champs localement à Sainte-Foy-l’Argentière, Sain-Bel, L’Arbresle et Lozanne notamment.

Les seuils d’alerte ont été largement dépassés sur certains secteurs faisant craindre le pire pour la nuit à venir. Fort heureusement, l’arrêt des précipitations entre 18h et 19h a permis la décrue des cours d’eau de façon quasi instantanée.

De son côté, la Turdine est montée de façon régulière mais plus lente grâce à la retenue du barrage de Joux qui a permis d’écrêter 270 000 m3 d’eau avant surverse. La vigilance s’est donc déclarée tardivement en fin d’après-midi contrairement à la Brévenne.

Elle a toutefois fini par déverser par-dessus l’ouvrage plusieurs heures après la fin des précipitations, ce qui explique l’atteinte du pic de crue à 4h40 le 23 novembre. 

Sur le Torranchin, l’eau est montée de façon continue et rapide dès les premières pluies dans la soirée du 21 novembre en raison du caractère torrentiel du cours d’eau. La décrue s’est amorcée à partir de 20h le 22 novembre suite à l’arrêt des précipitations. Ce cours d’eau a fait l’objet d’une attention soutenue tout au long de la journée par les communes d’Affoux, de Saint-Forgeux et de Pontcharra-sur-Turdine. 

Plusieurs communes ont anticipé les risques de débordement par la fermeture préventive de voiries ou de parkings situés en bord de cours d’eau comme cela a été le cas à L’Arbresle. Des véhicules ont été évacués mais peu de biens ont été touchés.

Les dégâts semblent surtout être localisés en zone agricole où de nombreuses érosions en bord de rivière se sont accentuées.

Aveize

Au vu de l’ampleur de l’évènement, les communes ont su réagir efficacement et rapidement pour minimiser au maximum les dégâts et protéger les personnes et les biens. Rappelons en effet que la dernière crue significative sur le bassin versant n’est autre que la crue de 2008, considérée comme la crue historique d’occurrence centennale. D’après les premières estimations, l’épisode de crue du 22 novembre serait d’occurrence presque vingtennale sur la Brévenne et presque décennale sur la Turdine.

Grâce à la stratégie de prévention du risque d’inondation mise en place sur le bassin versant depuis 2008, la culture du risque tend à se développer auprès des acteurs de la gestion de crise. Cet évènement aura finalement permis de tester, pour la première fois en condition réelle, les outils d’anticipation de la crue tels que le réseau de mesures automatisé et la chaîne d’alerte humaine qu’est le réseau Sentinelles.

 

Secteur de la confluence à l’Arbresle dans l’après-midi